Out of the blue

C'était une pièce rectangulaire, baignée d'une lumière rouge vacillante, munie de larges divans écarlates. Les divans étaient séparés par des cloisons ouvertes, si bien que l'on pouvait voir ce qui se passait autour de soi lorsque l'on y était assis. Intimité illusoire. 

Je me trouvais à peu près au centre de ce lieu insolite. Au fond, à gauche, un quatuor s'adonnait à l'échangisme, jouissant du regard des autres sans en avoir l'air. En face, une femme aux allures de call-girl, perchée sur des talons vertigineux, véritable avion de chasse, s'observait dans un miroir mural, en gémissant la bouche ouverte tandis qu'un petit homme replet abusait de son corps offert. En face toujours, légèrement à droite, dans ma diagonale, une autre femme, plus âgée, blonde, à la peau laiteuse, chevauchait un homme bien bâti avec impudeur. J'entendais le claquement indécent des fesses contre les cuisses alors qu'elle poussait de petits hululements de plaisir. Plus loin, un trio se livrait à des succions dignes d'un film pornographique. 

Mes yeux hallucinés se posaient alternativement sur chacun des protagonistes. Je me sentais toute petite et je cherchais le réconfort de vos bras. Vos allers-retours au bar m'étaient insupportables. Je voulais vous suivre mais vous m'ordonniez de rester là, seule, au milieu de ces énergumènes concupiscents et obscènes. Je redoutais que l'on m'approche en votre absence. Je soupirais de soulagement chaque fois que je vous voyais revenir. 

Une femme est entrée dans la pièce, accompagnée d'un homme mûr. Elle avait l'air un peu perdu, intimidé, comme moi. Elle était jeune et jolie dans sa robe moulante rose poudré. Elle s'est arrêtée devant moi. Et là, sans prévenir, vous m'avez pris la main et vous l'avez plaquée sur sa cuisse. Puis vous l'avez lâchée. Je me suis retrouvée avec ma propre main sur la peau nue de cette inconnue. Elle m'a regardé d'un air surpris, mais pas offensé. 

Alors, j'ai fait glisser ma main sur la soie de ses cuisses, je suis descendue le long de ses jambes, j'ai effleuré ses mollets puis je suis remontée maladroitement afin de palper la rondeur de ses fesses. Elle les avait fermes et d'une douceur infinie. Timidement, j'ai remonté sa robe pour dévoiler sa charmante petite culotte en coton. J'ai joué avec le tissu, glissé l'index sous l'élastique de sa culotte.

Là, elle m'a stoppée. Elle m'a attirée vers elle, m'a entrainée sur un autre divan, à l'écart de nos hommes respectifs. Elle a retiré sa culotte, l'a jetée au sol. Elle a ôté sa robe moulante, dégrafé son soutien-gorge. Ses seins ont jailli sous mon regard hagard. Ma main, comme aimantée par l’opulence et la fermeté de sa poitrine, s'en est allée jouer avec ses tétons. 

Puis je me suis dévêtue alors qu'elle m'embrassait dans le cou. Son souffle chaud m'excitait. J'ai caressé ses cheveux extraordinairement longs et doux. Je me suis enhardie. J'ai saisi son sein pour le téter, d'abord délicatement puis goulument. Sa respiration s'est accélérée dans mon cou. 

Elle m'a repoussée pour jouer à son tour avec ma poitrine. Je sentais mes seins se raidirent à mesure qu'elle les baisait. Ma main s'est hasardée sur son ventre plat, a pressé l'intérieur de ses cuisses, a frôlé ses poils pubiens. Elle a écarté imperceptiblement les jambes pour que je continue mon expédition. J'ai passé la pulpe de mon doigt sur son bouton érectile, puis j'ai pénétré doucement sa jolie fente. Elle s'est mordue la lèvre. Ses doigts ont glissé vers mon sexe humide et gonflé. Elle s'est mise à recopier mes gestes, à faire exactement ce que je lui faisais. 

Nous ne parlions pas. Nos caresses étaient silencieuses. Il y avait un goût de magie dans l'air et comme un accord tacite entre nous : nous n'irions pas plus loin que cette exploration subtile et  raffinée. 

Le temps était comme suspendu. Par moments, je vous regardais discrètement, un peu comme une enfant qui part à l'aventure mais qui regarde en arrière pour s'assurer qu'on la suit et qu'on ne l'abandonnera pas. 


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